Lors de la matinée du mardi 6 décembre 2016, tous les élèves de 3° ont rencontré Mme Noé et M. Suillerot, deux anciens déportés pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils ont raconté leur douloureuse histoire.

Vincent Rossé, élève de 3°6, raconte l'échange émouvant avec M. Suillerot :

"Il y a maintenant 77 ans, l’Allemagne a déclaré la guerre au monde. Peu de temps après, le gouvernement de Vichy s’est allié avec l’Allemagne et des mouvements de résistance sont créés. M. Suillerot faisait partie de l’un de ces mouvements avant de se faire arrêter.

Marcel Suillerot a commencé son discours par l’occupation Allemande en 1940, en nous expliquant qu’il y avait un couvre-feu de 22h à 6h. Les résistants distribuaient des tracts anti-Allemands à ce moment là, sachant qu’ils risquaient la prison si on les attrapait. Quand il a rejoint la résistance, M. Suillerot devait notamment aller chercher les armes abandonnées par les soldats dans les forêts et distribuer des tracts la nuit en évitant les patrouilles de police.

Le 6 octobre 1941, il fut dénoncé et arrêté, torturé puis interné successivement à Dijon, Chaumont, Rouiller et Compiègne avant de partir dans un wagon à bestiaux pour le camp de Sachsenhausen. Dans ce wagon, les déportés étaient entassés et n’avaient pas de nourriture. Arrivés après cinq jours de transport, entre ceux qui étaient morts de faim ou de froid, les prisonniers ont été déchargés au milieu des rails. M. Suillerot a vu un vieux prêtre mourir en se cassant la colonne vertébrale après que les nazis l’aient forcé à sauter du train.

Le camp de Sachsenhausen était un camp où il fallait travailler. Tout ceux qui ne le pouvaient pas étaient tués. Dans le camp, on disait avec un certain humour noir : « Tu sortiras du camp par les cheminées des fours crématoires ».

Les nazis demandaient aux prisonniers de se déshabiller pour les fouiller et cherchaient à les humilier tout le temps de différentes façons.

En 1945, au moment de la libération de la France, les prisonniers ont quitté le camp pour l’Allemagne : ce fut « la marche de la mort ». Si quelqu’un n’avait plus la force de marcher, il était exécuté. Les prisonniers se nourrissaient de racines, d’écorces, de plantes...

 

M. Suillerot nous dit qu’avant d’être interné dans ce camp, il haïssait les Allemands, mais qu’après avoir vu des Allemands prisonniers comme lui, il haïssait les nazis."